Quels sont les délais d’une cession ?

La cession d’un office notarial (ou de parts de société titulaire d’un office) obéit à des règles spécifiques mêlant droit des sociétés professionnelles, contrôle du ministère de la Justice et formalités administratives.
👉 En pratique, il faut distinguer le délai légal “minimum” et le délai réel observé, souvent plus long.

⏱️ 1. Le délai administratif incompressible : environ 2 mois (minimum légal)

Lorsqu’un associé cède ses parts à un successeur, l’opération est subordonnée à un contrôle institutionnel :

  • La cession est conditionnée à l’agrément des associés et, dans certains cas, à l’approbation du retrait du cédant par arrêté du garde des Sceaux.

  • Une déclaration doit être adressée au ministère de la Justice au moins deux mois avant la réalisation de la cession.

  • À défaut de réponse dans ce délai, la non-opposition est réputée acquise et la cession peut prendre effet à l’expiration des deux mois.

➡️ Conclusion : même dans un dossier simple, il existe un plancher d’environ 2 mois lié au contrôle de l’État.

⏱️ 2. En cas de difficulté ou de refus interne : jusqu’à 6 mois (voire prorogation)

Si la société refuse initialement la cession :

  • Elle dispose d’un délai de six mois pour proposer un autre acquéreur ou un rachat des parts.

  • Ce délai peut être prorogé par le garde des Sceaux à la demande des parties.

➡️ Dans ces hypothèses (désaccord entre associés, recomposition capitalistique), la durée peut rapidement dépasser 6 à 8 mois.

⏱️ 3. Les délais “opérationnels” liés au montage de la cession (audit, financement, formalités)

Au-delà du cadre réglementaire, la cession d’un office fonctionne comme une transmission d’entreprise libérale, avec :

  • vérification des capacités professionnelles, financières et de l’honorabilité du cessionnaire ;

  • structuration du financement et du prix librement fixé entre les parties ;

  • recours fréquent à des cabinets spécialisés et plateformes dédiées à la transmission, devenus majoritaires dans les transactions du secteur.

Ces étapes (audit, valorisation, recherche de financement, validation ordinale) expliquent que le calendrier réel soit nettement plus long que le seul délai administratif.

⏱️ 4. Ordre de grandeur observé en pratique

Même si la loi ne fixe pas de durée globale unique, la combinaison :

  • du contrôle ministériel (≈ 2 mois incompressibles)

  • des négociations sociétaires pouvant aller jusqu’à 6 mois

  • des opérations de structuration et de marché (montage, conseil, financement)

fait qu’une cession d’office notarial s’inscrit généralement dans un calendrier global de plusieurs mois, comparable à une transmission d’entreprise réglementée.

👉 En pratique professionnelle, on observe souvent :

  • 4 à 6 mois pour une cession fluide (associés d’accord, financement prêt).

  • 6 à 12 mois si restructuration, recherche de successeur ou validation complexe.

✔️ À retenir

  • 2 mois minimum : délai administratif de non-opposition du garde des Sceaux (incompressible).

  • Jusqu’à 6 mois supplémentaires : mécanisme interne si la société doit organiser la substitution ou racheter les parts.

  • Plusieurs mois additionnels liés aux audits, financements et négociations propres à toute transmission d’étude.

➡️ La cession d’un office notarial est donc une procédure encadrée et relativement longue, rarement réalisable en moins de 4 à 6 mois, et souvent plus proche d’une année dans les dossiers structurants.

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